Éducation & Recherche
du budget de l'État
Faut-il relever le niveau d'exigence des examens (bac, brevet), même si cela fait baisser le taux de réussite ?
Synthèse
Le taux de réussite au bac a nettement progressé sur longue période : d'environ 75 % en 1995 à plus de 85 % en 2010, puis 91,4 % en 2024 (+3,6 points depuis 2015). L'inflation des mentions suit la même pente : 32 % des bacheliers en obtenaient une en 1967, contre 58,8 % en 2022.
Taux de réussite au baccalauréat
| Année | Taux de réussite |
|---|---|
| 1995 | 75 % |
| 2010 | 85 % |
| 2024 | 91.4 % |
Le brevet donne une mesure de ce que ce taux doit à l'exigence réelle : en 2024, pour la première fois, les correctifs académiques qui relevaient artificiellement les notes ont été supprimés — le taux de réussite a immédiatement chuté de 3,4 points, à 85,6 %.
Les comparaisons internationales vont dans le même sens : la France a connu en mathématiques la plus forte chute de son histoire au classement PISA entre 2018 et 2022 (-21 points, 17ᵉ sur 34 pays de l'OCDE). Selon la DEPP (avril 2026), la part d'élèves « en difficulté » est passée de 15 % en 2013 à 25 % en 2024.
Le gouvernement a réagi par le « choc des savoirs » de Gabriel Attal (décembre 2023) : groupes de niveau en français et mathématiques au collège, fin des correctifs académiques du brevet, création d'un certificat des fondamentaux en fin de CM2.
Si l'exigence remonte, une partie des élèves qui réussissaient jusque-là n'y parviendront plus. L'apprentissage est déjà la filière qui absorbe le plus cette population : 889 400 nouveaux contrats en 2024 (+4 %), avec un taux d'insertion professionnelle d'environ 70 % à 6 mois. Au niveau CAP, 63 % des apprentis sont en emploi 18 mois après leur formation, contre seulement 36 % des élèves formés par la voie scolaire classique.
Décisions gouvernementales
État des lieux
Ce qu'en disent les Français
Pistes, bénéfices et limites
Relever l'exigence des examens en développant en parallèle les passerelles vers l'apprentissage
Au niveau CAP, 63 % des apprentis sont en emploi 18 mois après leur formation, contre seulement 36 % des élèves formés par la voie scolaire classique. L'apprentissage n'est donc pas une voie de repli mais une filière qui insère mieux, précisément pour les profils que des examens plus exigeants risquent d'écarter de la voie générale.
- LimiteL'apprentissage dépend de l'offre de contrats proposée par les entreprises, qui peut ne pas suivre si les sorties de la voie scolaire augmentent brutalement.
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